J’ai volontairement choisi un titre provocateur pour qu’on arrête enfin de stigmatiser ceux qui portent fièrement leurs cheveux crépus. Serait-on moins beaux parce qu’on porte nos cheveux naturels ? Je ne crois pas. Dans cet article, je vais tenter de vous raconter comment je suis passée d’une jeune fille aux cheveux défrisés à une femme qui assume complètement ses cheveux.

La dure loi du défrisage

Enfant, je me souviens comment ma mère avait tendance à lutter pour faire passer le peigne dans mes cheveux. À l’époque, elle utilisait du Dax pour assouplir mes cheveux et les coiffer plus aisément. Elle a rapidement dû perdre patience et a, malheureusement, cédé à la tentation du défrisage. Je n’aimais ni l’application du gel protecteur, du produit et encore moins la longue attente avant le rinçage. Par contre, le résultat final ne me déplaisait jamais. Comme j’avais les cheveux lisses, je pouvais les plaquer avec du gel et user de postiches à tout va…

À mes 18 ans, j’ai décidé de m’octroyer un petit kiffe : me couper les cheveux ! J’ai donc demandé à mon père de nous emmener, ma cousine, ma petite soeur et moi, chez son ami coiffeur. Il faut que vous sachiez que chez les zaïrois, que tu sois une femme ou un homme, on dégaine la tondeuse. Ma première réaction a été de me dire : « Est-ce que tu en as vraiment envie, Christelle ? Tu es sure d’assumer après ? » Oui, j’allais assumer… enfin, c’est ce que je croyais. Allez, c’est parti. Je vois mes cheveux tomber en masse les uns après les autres. 20 minutes plus tard, c’en est terminé! J’observe les regards de ma soeur et de ma cousine qui, au lieu de saluer mon courage, se moquent ouvertement de moi. Je m’aimais bien les cheveux courts mais paradoxalement, cette texture-là m’agaçait. Peu de temps après, j’ai succombé et ai défrisé à nouveau. Je ne le savais pas encore mais c’était mon dernier défrisage.

La prise de conscience

Elle est venue au détour d’une conversation avec un camarade de classe qui m’a dit textuellement: « Chris, tu devrais arrêter de te couper les cheveux, ça gâche ta féminité! Si encore tu avais une coiffure à la Halle Berry, ça irait mais là, tu te sabordes. » Sa phrase a agi comme un déclic et donc j’allais réagir à la provocation en gardant mon afro! Et biiiiiiiiiim, dans les dents. C’était en 2010.

Malheureusement, en 2010, il n’existait pas d’expertise sur le soin du cheveu crépu ou tout du moins, je ne m’y intéressais pas encore. Alors, j’avais juste pour habitude d’appliquer du Olive Oil pour ce que je pensais être de l’hydratation hahaha. Pire encore, je dormais sans bonnet en satin ! Je laissais donc mes cheveux vivre leur vie tranquillement sans trop m’en préoccuper.

L’entretien

Encore aujourd’hui, je tente d’apprendre de mes erreurs passées. Je fais beaucoup de veille sur des blogs liés au soin du cheveu afro. Ce n’est pas toujours évident mais j’essaie de m’appliquer et de tenir sur la durée. Là est mon challenge. D’ailleurs, je compte faire un article prochainement sur l’entretien de mes cheveux. En tout cas, sachez que je ne me suis jamais sentie aussi femme que maintenant.

Le rapport à la société

Je vous mentirais si je vous disais que je ne m’étais jamais sentie offensée par des propos du genre « ah ouais, ce sont tes vrais cheveux ? » ou bien « ils sont bizarres tes cheveux. Je peux toucher ? » Non, ils ne sont pas bizarres, c’est juste leur vraie texture. Ces réflexions montrent et confirment le degré d’ignorance de certains. Heureusement pour moi, j’ai toujours été un peu « rebelle » dans l’âme. Je n’ai jamais eu honte d’aller bosser avec mon afro, mes twists etc. Quand je passe des entretiens dans des boites où tout semble bien strict, je suis fière et marche comme une reine devant des gens surement interloqués. Je suis noire aux cheveux courts et crépus. Et comme dirait Shy’m « Et alors ? »

EDIT: en février 2015, j’ai encore coupé mes cheveux ! Mais cette fois-ci, je ne les recouperai plus et les bichonnerai jusqu’à avoir une de ces chevelures à la Fatou du blog blackbeautybag.com ou de Vanessa du blog gaelleprudencio.com. Enfin, on verra 😉